The Boston Rouldug Group
 

Newletter #1


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Editorial

So, what is going on with the Roulleaux Dugage family in Boston? Are they still alive? Are they having fun ? Have they been taken to court? Has Martin become a Route 128 techie? Does Nathalie shop in the malls, try to practice medecine or stroll down Harvard square? Has she put on weight? And what about the kids? Do they speak English? Do they play baseball? Do they wear sneakers and baggy pants? Do they play videogames on the PC? Etc.

Toutes ces questions demandent reponse, et jusqu’a present, on ne peut pas dire que nous ayions ete tres bavards. Un an déja que nous sommes sur le continent américain! Et c’est passe si vite…Il y a tant à raconter. Voici quand meme quelques flashs dans le desordre. Vous etes prevenus : Ce n’est pas de la litterature.

La vie a Boston

Boston, “ the spirit of America”, est une ville bien seduisante. Elle n’a pas toute la richesse historique de bon nombre de nos villes d’Europe, et pourtant il y a des endroits vraiment tres jolis, comme le quartier de Harvard, celui de Beacon Hill construit  au 17eme siecle par les premiers puritains et enfin celui de Quincy market ou vecut Paul Revere le heros de l’independance (et de sucroit Francais) dont on fete chaque annee la victoire avec faste peut etre en raison de l’absence d’autres faits historiques...

Les paysages de Nouvelle-Angleterre sont magnifiques, surtout en ce moment avec l’”ete indien”. Les feuillages des arbres commencent a changer de couleur et bientot, nous auront le droit a tout l’eventail des verts, jaunes et rouges de l’automne, sans doute la saison la plus agreable ici. Il faut venir voir ca – a bon entendeur, salut - surtout dans les forets a perte de vue du Maine, le Vermont, et le New Hampshire, qui sont plus sauvages et valonnes que le Massachusetts (noter 2 “s”, puis 1 “s”, puis 2 “t”). On aurait envie d’y trouver quelques clairieres avec quelques vieilles pierres.

En dehors de l’automne, le climat est assez detestable en moyenne : Tempetes de neige et froid polaire de Novembre a Avril, routes et aeroports bloques, circulation paralysee, écoles fermees à la grande joie des enfants. Etes etouffants, 100°F (38°C) et 95 % d’humidité, avec tempetes et ouragans comme cette annee mi-septembre. Printemps et automnes tres courts …On est loin de la “douceur angevine”.

Mais Boston, c’est surtout 72 universités et des entreprises qui naissent et croissent comme des champignons, et une concentration cosmopolite de matiere grise qu’on a du mal a imaginer en France. Un prof d’Economie de Harvard nous disait recemment que la chaire d’Economie au MIT est riche de 41 profs de tout premier ordre, parmi lesquels 6 prix Nobel ! On entend a peu pres toutes les langues dans les rues. Notre garagiste est un Lybien jovial (Abdul) associe a un Japonais taciturne (Tsuyoshi), la coiffeuse de Martin est une armenienne fraichement debarquee de Erevan, un vendeur sur deux dans les Computer supermarkets est un indien (de New Dehli, pas de Sioux Falls)… Il y a beaucoup d’asiatiques, et pas seulement des blanchisseurs genre Ming-Li-Foo (“Le colonel Mac Straggle porte toujours des calecons amidonnes”), mais aussi bon nombres d’etudiants ou de profs du MIT ou de Harvard, et un contingent impressionnant d’ingenieurs des societes high tech de la region, dont quelques Francais chefs d’entreprise pleins aux as, qui ont prefere entreprendre ici, et on les comprend (Pauvre France, terre d’asile des fonctionnaires). On est surpris aussi de voir combien le melting pot continue de marcher dans ce pays, en tout cas pour ceux qui participent pleinement a son economie. En une generation, on devient americain, pourvu qu’on ait un boulot. Pour les autres, la societe americaine n’est pas tendre. Vraiment pas.

C’est donc la que nous avons debarque en Aout 98. Premiere surprise : Le cout de l’immobilier. Rien a louer, et hors de prix. Le marche immobilier de Boston, c’est Christie’s, alors que celui de Paris, ce serait plutot Auchan. Notre premier déboire fut notre résignation à louer une maison trop petite, trop chère, avec un contrat leonin elabore par un proprietaire avocat dans une banque et signe par un inconscient de la DRH de Schneider… Il fallait etre fous pour accepter ce contrat, d’autant que le-dit proprietaire s’est revele etre un maniaque psycho-rigide, qui envoyait regulierement des espions photographier la maison, quand il ne debarquait pas lui-meme sans prevenir et faire des remarques sur l’entretien. Par chance et non sans mal, nous avons pu trouver un stratageme pour nous evader, apres que Nathalie ait trouvé en juin une superbe maison a louer à dix minutes de Harvard square. Nous avons évité de justesse un proces avec le fou, et c’etait une question de survie pour Nathalie.

En revanche, cette petite aventure immobilière nous a permis d’etre accueillis à deux reprises par des voisins trés sympas : Petits cookies retrouvés devant le pas de la porte, cadeaux et invitations pour les enfants, copinage avec Nathalie. On découvre  l’importance de la communauté (de quartier, de paroisse, d’aerobic, etc.). Importance bien ephemere : Quand on quitte cette communauté , on est rapidement oublié. Le temperament nomade des américains est un peu déroutant par moments! Mais etre Français est un atout. Ils aiment la France, et ils la connaissent pas mal. Hier, dans une librairie de Cambridge, il y avait en vitrine les Essais de Montaigne et Madame Bovary…

En depit de ces premières experiences d’expatriés néophites, nous nous sommes plonges avec delice, et meme parfois vautres comme des cochons, dans la culture américaine. La tele, le cable, les videogames, les ordinateurs (deux a la maison maintenant !), le junk food, Chuck&Cheeses, Star Wars episode 1…Tout vous dis-je. Les enfants sont enchantes; ils sont devenus assez insolents dans ce pays qui adule les enfants, et ils commencent deja a se parler anglais entre eux. Le vocabulaire est basique (“I gonna play outside”, “Let me try”, “That’s awesome”…) et l’accent paradoxalement plus mid-west que New-England, mais nous ne perdons pas espoir de les civiliser.

Pardon aux Parisiens d’evoquer notre style de vie a Boston, que Nathalie connait maintenant mieux que Paris. Verdure partout, jardins impeccablements tenus, pas de crottes de chien dans les rues (elles sont ramassées et deposees soigneusement dans un sac en plastique par leur maitres). Les petits week end dans le Maine ou à Cape Cod avec plage, dégustation de homard et chasse à la baleine. Les promenades  a Tanglewood pour ecouter Seiji Osawa dirigeant le Boston Symphony Orchestra en pique niquant sur l’herbe (tres chic ! nappes, candélabres, bouquets de fleurs....Il ne manquait que les huitres pour Martin ...). Les maisons en bois peintes dans un joli assemblage de gris , rouge brique ou blanc ainsi que les maisons traditionnelles en brique rouges, fenetres blanches et colonnades, sont toujours léchées. La discipline ici est de rigueur et la tricherie est montrée du doigt. Ceci etant probablement l’heritage des premiers puritains de la Nouvelle Angleterre. Ca rend la vie plus reposante. Meme les méridionaux le reconnaissent.

 
Les ecoles etc.

Notre deuxième déboire fut de constater que l’Ecole Bilingue etait bien faiblarde, surtout pour les enfants qui ont deja appris à ecrire et à lire en français. En guise de CM1, Paul a refait un CE 2 et s’est énervé de ne pas apprendre l’anglais assez rapidement. Tout ça a été vite rattrapé par la fréquentation assidue de nos petits voisins de quartier, et à notre decision de mettre Paul et Madeleine a l’ecole americaine cette annee, en complétant l’enseignement du Français avec le CNED, l’aide de quelques tuteurs, et notre courage personnel (il en faut pour convaincre Paul, apres un an de glande, qu’il va travailler deux fois plus que ses copains).

L’ecole de Paul, quoique publique, est scandaleusement riche. Un auditorium genre salle Pleyel, des computer labs genre Silicon Valley, une bibliotheque et une salle de sono genre FNAC. Il debute sa journee de travail a 8:00 AM en entonnant le “Star-Spangled Banner”, et en pledgeant allegiance to the flag comme tout le monde. A notre grande surprise, il regne dans cette ecole une discipline stricte et de bon aloi. Il faut meme payer avec un ticket si on veut aller aux veces.

La cour de récréation de l’ecole de Paul est devenu notre square. Il est constitué d’un terrain de baseball, de deux tennis, de cinq terrains de basket et d’un playground.! Paul s’est mis au baseball et s’entraine avec acharnement. Il connait intimement tous les joueurs de l’equipe des Red Sox (Boston), des Orioles (Baltimore), des Blue Jays (Toronto), des Yankees (New York) etc. – Paul, au secours !- Il connait meme les regles du jeu!!! Incroyable!!! Il vous expliquera que c’est la meilleure tactique pour se faire des copains a l’ecole et c’est vrai!

Francois, lui, reste a l’Ecole Bilingue, car il apprend a lire et a ecrire, et qu’il herite des meilleurs profs. Et puis, il se debrouille bien en Anglais de toute facon. Il envoie des e-mails a son prof d’anglais. C’est un australien, ce qui n’arrange rien pour l’accent.

Madeleine, a une vie mondaine debridee et va de birthday party en birthday party. Pas etonnant qu’elle redouble sa maternelle! Enfin… Elle ne ricane plus comme une becasse, elle peaufine son anglais, tres “posh”, et mene la belle vie avant de demarrer un CP l’an prochain.

 

Les vacances

La vie etant courte et l’avenir incertain, nous avons decide de profiter de notre presence de ce (bon) cote de l’Atlantique pour prendre des vacances sur place. C’est pourquoi vous n’avez pas entendu parler de nous cet ete. En Avril, nous avons passe une semaine en Floride : Disneyworld pendant 3 jours, au bout desquels Nathalie etait au bord de l’apoplexie (elle aime po trop), puis Fort Lauderdale les pieds dans l’eau. En Aout c’etait encore mieux. Apres une petite semaine passee dans la region de San Francisco (voila une ville qu’elle est sympa), heberges chez des copains a Moutain View (Silicon Valley), nous avons loue un motorhome geant de 10 metres de long toujours assoiffe d’essence (ma Doue, quel budget !) et, tels des pionniers modernes, nous avons parcouru la Californie de long en large, en poussant meme jusqu’au Nevada. Itineraire : San Francisco – Sacramento – Lac Tahoe – Yosemite National Park - Death Valley – Las Vegas – Mojave Desert – Santa Barbara – Monterey – San Francisco. Inoubliable bien sur. Nous avons grelotte la nuit dans le Yosemite, brule dans le desert de Mojave, mange du Pemmican (Beef Jerky, tres bon) et des glaces sorties du congelateur du Motorhome a Zabriskie Point (Death Valley), marche deux jours en montagne au milieu de paysages a vous couper le souffle, rencontre des biches a trois metres et heureeusement pas d’ours, admire la beaute et l’immensite du desert, et perdu nos enfants a Las Vegas : ils etaient devenus comme fous apres avoir decouvert qu’il y avait souvent des pieces de monnaie oubliees dans les distributeurs de journaux, et que c’etait finalement plus sur que les machines a sous des casinos. La ruee vers l’or, version frenchie ’99.

Pour completer le tableau, j’ai empetarde le mobilhome sur un poteau et adieu la caution. Vacances bon marche, donc. Cet hiver, ce sera nouilles et patates. Poil au psychopathe (mathematicien)

Envoi 

Si vous aimez les nouilles et les patates, venez nous voir. On a une chambre d’amis.

Et pour ceux que ca interesse, nous serons a Paris a Noel.

 

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